Bienfaits du yoga sur le cerveau : ce que la science a trouvé sur la mémoire, les émotions et les fonctions cognitives
Et si votre pratique de yoga faisait bien plus que détendre votre corps, en vous apportant des bienfaits du yoga sur le cerveau aussi ?
On sait depuis longtemps que le yoga peut contribuer à réduire le stress, améliorer la souplesse et favoriser une meilleure conscience corporelle. Mais les chercheurs s’intéressent maintenant à une autre question : que se passe-t-il dans le cerveau lorsqu’on pratique régulièrement le yoga?
Pour le découvrir, des chercheurs ont utilisé différentes techniques de neuroimagerie afin de comparer le cerveau de pratiquants de yoga à celui de personnes qui n’en pratiquaient pas.
Et les bienfaits du yoga sur le cerveau sont particulièrement intéressants.
À ce jour, 34 études de neuroimagerie ont été réalisées auprès de pratiquants de yoga, allant de débutants à des personnes ayant plus d’expérience. Les chercheurs ont utilisé différentes méthodes, notamment l’IRM structurelle, l’IRM fonctionnelle, la TEP et l’EEG.
Et même si toutes les études ne donnent évidemment pas exactement les mêmes résultats, certains phénomènes reviennent de façon particulièrement constante.
Un cerveau qui semble mieux vieillir?
Commençons par une région du cerveau particulièrement importante pour nos fonctions cognitives : l’hippocampe.
L’hippocampe joue un rôle central dans l’apprentissage et la mémoire. C’est également l’une des premières régions du cerveau à perdre du volume avec le vieillissement et dans la maladie d’Alzheimer.
Or, plusieurs études utilisant l’IRM ont observé davantage de matière grise dans l’hippocampe chez les pratiquants de yoga.
Plus intéressant encore sur ces bienfaits du yoga pour le cerveau: une étude randomisée contrôlée menée pendant 6 mois auprès de personnes âgées a observé une augmentation du volume de l’hippocampe après la pratique du yoga.
Cela ne signifie évidemment pas que le yoga peut prévenir ou guérir la maladie d’Alzheimer. Mais ces résultats soulèvent une question fascinante : une pratique régulière pourrait-elle contribuer à préserver certaines structures cérébrales associées à la mémoire au fil du vieillissement?
Les recherches se poursuivent pour mieux comprendre cette relation.
L’insula : quand le cerveau devient plus attentif au corps
Une autre région ressort de façon particulièrement constante dans les études : l’insula.
Cette petite région située à l’intérieur du cerveau joue notamment un rôle dans la perception des sensations corporelles, le traitement des émotions et la perception de la douleur.
Plusieurs études ont observé davantage de matière grise dans l’insula chez les pratiquants de yoga.
Cela pourrait être lié à une meilleure capacité à ressentir ce qui se passe à l’intérieur de son propre corps. On appelle cette capacité l’interoception.
C’est, par exemple, être capable de remarquer que sa respiration s’accélère, que son cœur bat plus vite, que ses épaules se contractent ou que son ventre se serre avant même de mettre des mots sur son état émotionnel.
Et cette meilleure conscience des signaux corporels pourrait jouer un rôle dans la régulation des émotions.
C’est particulièrement intéressant dans une pratique comme le yoga, où l’on apprend justement à porter attention à sa respiration, à ses sensations et aux réactions de son corps plutôt qu’à simplement « réussir » une posture.
Plus d’années de pratique, plus de différences?
Une étude utilisant une analyse détaillée des images cérébrales par IRM a comparé des pratiquants expérimentés à des personnes similaires qui ne pratiquaient pas le yoga.
Parmi les bienfaits du yoga pour le cerveau, les pratiquants présentaient davantage de matière grise dans plusieurs régions du cerveau, notamment dans des zones frontales, limbiques et temporales.
Ils rapportaient également moins de difficultés cognitives dans leur vie quotidienne.
Et un résultat particulièrement intéressant est ressorti : plus les participants pratiquaient depuis longtemps, plus les différences de volume de matière grise étaient importantes.
Attention toutefois : cela ne permet pas de conclure que le yoga est nécessairement la cause de toutes ces différences. Les études observationnelles peuvent montrer des associations, mais elles ne permettent pas toujours d’établir une relation de cause à effet.
Néanmoins, l’ensemble des résultats est suffisamment intéressant pour mériter notre attention.
Le yoga et le « mode par défaut » du cerveau
C’est probablement l’un des résultats les plus fascinants.
Notre cerveau possède ce qu’on appelle le réseau du mode par défaut. Malgré son nom un peu mystérieux, l’idée est assez simple.
Imaginez que votre cerveau fonctionne selon différents modes.
Lorsque vous êtes concentrée sur une tâche précise — conduire, lire, préparer une recette — certaines régions cérébrales sont mobilisées pour cette tâche.
Mais lorsque vous n’avez rien de précis à faire, votre cerveau ne s’arrête pas pour autant.
Il passe davantage en « mode par défaut ».
Ce réseau est notamment impliqué dans les pensées dirigées vers soi-même, les souvenirs, l’anticipation de l’avenir, la réflexion… et ce fameux vagabondage mental.
Vous savez, ce moment où votre corps est ici, mais où votre esprit est déjà à trois endroits différents :
« Il faut que je pense à envoyer ce courriel… Ah oui, demain je dois faire l’épicerie… Est-ce que j’ai répondu à cette personne?… Pourquoi est-ce que j’ai dit ça hier?… Et si ça arrive, qu’est-ce que je fais?… »
Notre cerveau est constamment en train de produire des pensées.
Et ce n’est pas nécessairement mauvais. Le réseau du mode par défaut est normal et utile. Nous en avons besoin pour réfléchir à notre vie, nous souvenir de nos expériences, imaginer l’avenir et faire des liens entre les événements.
Le problème survient plutôt lorsque nous sommes constamment absorbés par ce flot de pensées, sans réussir à ramener notre attention au moment présent.
La fameuse charge mentale !
Et c’est là que le yoga devient particulièrement intéressant
Pendant une pratique de yoga, nous ramenons continuellement notre attention vers quelque chose de concret : notre respiration, nos sensations, nos mouvements, notre équilibre ou la position de notre corps dans l’espace.
Notre attention quitte donc temporairement le flot automatique des pensées, cette charge mentale, pour revenir à ce qui se passe ici et maintenant.
Les études de neuroimagerie suggèrent que certaines pratiques de yoga sont associées à une diminution de ce vagabondage mental, notamment lorsque nous cherchons à maintenir notre attention.
Le but n’est évidemment pas de « désactiver » ce réseau. Il est utile et nécessaire.
Mais apprendre à moduler son activité pourrait être associé à une meilleure régulation émotionnelle.
Autrement dit, le yoga pourrait nous aider à développer cette capacité précieuse : être capable de remarquer que notre esprit est parti ailleurs… puis de le ramener doucement là où nous sommes.
Et ça, c’est un outil qui dépasse largement le tapis de yoga.
Le BDNF : un petit allié pour notre cerveau
Les recherches s’intéressent également au BDNF, une protéine qui joue un rôle important dans la croissance, l’entretien et la réparation du cerveau.
Le BDNF favorise notamment la croissance de nouveaux neurones dans l’hippocampe. Il contribue également au renforcement des connexions entre les neurones et participe aux mécanismes impliqués dans la formation de la mémoire.
Certaines recherches suggèrent que le yoga peut augmenter le BDNF.
La composante physique du yoga pourrait notamment stimuler certaines des mêmes voies biologiques que l’exercice aérobique.
Tu vois ? Pas besoin de faire un exercice trop exigeant comme l’aérobie pour récolter des bénéfices.
Cela nous rappelle quelque chose d’important : le cerveau n’est pas séparé du corps.
Bouger, respirer, porter attention à ses sensations et réguler son stress sont autant de façons dont nous pouvons agir sur notre environnement cérébral.
Alors, qu’est-ce qu’on peut retenir?
Les résultats les plus constants des études concernent les changements fonctionnels du cerveau, notamment la connectivité entre différentes régions, l’activation du cortex préfrontal et la régulation du réseau du mode par défaut.
À plus long terme, certaines études observent également des différences structurelles, notamment au niveau de l’insula et de l’hippocampe.
Et plus la pratique est régulière et ancienne, plus certaines de ces différences semblent importantes.
Cela ne veut pas dire que quelques séances de yoga vont soudainement transformer votre cerveau.
Mais cela nous offre une perspective fascinante sur ce qui pourrait se produire lorsque nous pratiquons régulièrement.
Le yoga ne travaille pas seulement sur notre corps. Il entraîne aussi notre attention, notre perception du corps, notre capacité à réguler nos émotions et, potentiellement, certaines structures et fonctions de notre cerveau.
Et peut-être que l’un des plus beaux bienfaits du yoga sur le cerveau en vieillissant est justement celui-ci :
apprendre à habiter son corps et son esprit avec davantage de présence.
Parce que prendre soin de son cerveau ne consiste pas seulement à faire travailler sa mémoire.
Cela peut aussi vouloir dire apprendre à ralentir, à respirer, à ressentir… et à revenir, encore et encore, au moment présent.
Et c’est justement ce que je m’applique à faire quand j’enseigne le yoga : te ramener dans ton corps, dans le moment présent, pour que tu puisses te déposer dans ta respiration, dans cette sensation que mes exercices pour le plancher pelvien viennent activer tes muscles en douceur.
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Références:
Étude 1 – The 34-Study Neuroimaging Review (Primary Source)
Van Aalst et al. (2020), Frontiers in Integrative Neuroscience
PMID: 32733213
pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32733213
Texte complet gratuit: pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7362763
Étude 2 – Yoga Meditation, Gray Matter and Cognitive Failures
The voxel-based morphometric study on gray matter and cognitive failures
PMID: 23304217
pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23304217
Étude 3 – Yoga and Brain Structure and Function (2026 Systematic Review)
Frontiers in Neuroscience (March 2026) — 23 neuroimaging studies, healthy participants
Texte complot gratuit: frontiersin.org/journals/neuroscience/articles/10.3389/fnins.2026.1718808/full
Étude 4 – Yoga and Motor Learning, Body Awareness and Pain
Narrative review, PubMed
PMID: 31126545
pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31126545
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